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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 21:08

Film culte par excellence, Pulp Fiction est inoubliable en tous points. Déjà auteur du remarqué – et remarquable – Reservoir Dogs, Tarantino se révèle ici au sommet de son art : on comprend donc aisément que « Pulp » ait remporté la Palme d’Or, en 1994. Mais qu’il est difficile de chroniquer un film qui ne comporte ni intrigue principale, ni personnages centraux ! Cette œuvre cinématographique est en effet composée de plusieurs histoires qui se recoupent entre elles. Il y est ainsi notamment question de :

-      Deux gangsters

-      Un boxeur en cavale et sa petite amie

-      Un dealer

-      Un caïd, sa femme et son envoyé, d’une efficacité redoutable

-      Un pervers sexuel

-      Un couple qui s’apprête à braquer un restaurant

Tout ce petit monde va se croiser au même rythme que les intrigues, qui se présentent dans le désordre, ce qui confère au film un aspect « puzzle ». La toute dernière scène donne par exemple suite à la toute première, et cette même ultime scène se déroule avec Vincent Vega, alors que celui-ci meurt auparavant dans le film. On voit par ailleurs le duo Vincent-Jules accoutré de façon… imprévue avant d’en comprendre la raison. Il est également à noter, pour en revenir à la dernière scène, que le spectateur ne peut pas deviner immédiatement que le restaurant où petit-déjeunent Vincent et Jules est le même que celui que comptent braquer le couple de tourtereaux. C’est le « Garçon, un café » prononcé par Ringo – phrase qui apparaît donc au début et à la fin du film – qui lui met la puce à l’oreille.

Les dialogues du film sont d’une saveur exceptionnelle, à mille lieues par exemple du poussif et vain Boulevard de la mort. Certaines répliques marquent : « J’aime que tu m’appelles Tulipe, c’est beaucoup plus sympa que mongolienne », « C’est à une demi-heure d’ici, j’y suis dans 10 minutes », et plus généralement les échanges entre Vincent Vega et Jules – mais j’y reviendrai plus tard.

Ajoutons à cela une bande-originale impressionnante et un rythme globalement très maîtrisé : la qualité et la richesse des intrigues font que l’on ne s’ennuie presque jamais au cours des 2h30 de visionnage (on notera cependant quelques longueurs, notamment lors de la partie avec Mia-Uma Thurman). Le casting est également de haute volée (Jackson, Travolta, Walken, Keitel, Roth, Thurman), même si certains comédiens semblent légèrement en deçà (Willis et Tarantino himself). Concernant les ingrédients du film, comme toujours avec ce réalisateur, la violence est au rendez-vous, et plutôt deux fois qu’une ! Tarantino nous avait précédemment choqués avec la scène de l’oreille dans Reservoir Dogs. Sans aller jusque-là, il nous propose tout de même ici plusieurs passages difficiles : le spectateur a droit notamment à une overdose, une tête explosée dans une voiture et un viol. La violence d’autres passages est parfois seulement suggérée, mais n’en demeure pas moins impressionnante : on pense à la scène où Wallace, après lui avoir donné un coup de fusil à pompe (!), annonce par le menu à « Zed », son tortionnaire, ce qui va lui arriver…

Et puis il y a toutes les trouvailles dont le film regorge : les clins d’œil à Kill Bill, qui sortira plusieurs années plus tard (le pitch du « pilote » dans lequel a joué Mia y ressemble bigrement) et cette manière qu’a Tarantino de s’amuser en immobilisant certains passages, comme Christopher Walken, tendant une montre pendant plusieurs secondes, ou plus encore Bruce Willis, seul à l’écran et statique 1 minute 30 durant, lorsque Wallace lui donne les instructions pour le combat de boxe. Et il y a enfin cette fameuse mallette, dont on ne connaîtra jamais le contenu. On sait seulement que ce qui s’y trouve brille et fascine tous ceux qui le contemplent, à l’image de Vincent Vega et Ringo. Bonne idée du réalisateur d’avoir préservé le mystère autour de cet objet : cela renforce son caractère fascinant.

Et que dire de l’emblématique tandem Vincent-Jules ? Les deux truands se complètent à merveille : qu’ils dissertent sur les miracles, l’équivalent français du Quarter Pounder with Cheese, la « personnalité » des chiens, ou qu’ils multiplient les ragots juste avant une intervention pour le moins musclée, leurs échanges sont un régal de drôlerie, une véritable leçon de dialogue. Une mention spéciale pour Jules (Samuel L. Jackson) qui, avec sa coiffure, ses récitations de la Bible, son sang-froid impressionnant et son élégance naturelle (qui contraste pourtant avec sa tenue de plage lors de la dernière scène), tient probablement le meilleur rôle de sa carrière.

Est-il besoin d’en dire plus ? Pour toutes les raisons que j’ai mentionnées plus haut, et pour toutes celles que j’ai omises, Pulp Fiction est un grand film, tout bonnement extraordinaire!

N.B. : à noter que le rôle de Vincent Vega a initialement été proposé à Michael Madsen (qui avait interprété Vic Vega, frère de, dans Reservoir Dogs), mais celui-ci a préféré jouer dans un autre film, Wyatt Earp. Tant mieux pour Travolta, qui a pu trouver l’autre rôle de sa vie (avec La fièvre du samedi soir). Tant pis pour Madsen, excellent dans Reservoir Dogs, qui doit encore s’en mordre les doigts…

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Published by lechoixdenico - dans Films étrangers
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Madimado 30/01/2012 13:58

Un de mes films cultes, sans hésiter ! Je ne m'en lasse pas !

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