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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 17:42

Dans ce troisième et dernier épisode de la série, Marty, en 1955, décide de rejoindre Doc, parti accidentellement en 1885. Il apprend en effet que le savant s’est fait assassiner par Bufford « Molosse » Tannen. Malheureusement, une fois notre héros arrivé au temps du far-west, une flèche indienne perce le réservoir de la DeLorean. Le retour vers le futur – ou le présent – sera donc moins aisé que prévu…

Autant les deux premiers épisodes étaient novateurs et brillaient par leur inventivité, autant cet ultime volet est une réelle déception, et semble franchement bâclé. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : si le deuxième épisode est sorti quatre ans après le premier, il aura fallu attendre seulement moins d’un an pour voir sortir le troisième. Comme si le réalisateur avait voulu en finir avec la saga. Le plus grand reproche que nous pouvons adresser à cet opus est qu’il ne respecte pas réellement l’esprit de la série. L’ensemble est très linéaire (la très grande majorité du film se déroule au far-west) et manque singulièrement de paradoxes spatio-temporels. Le scénario est également bien moins fouillé et l’ensemble se révèle ennuyeux. Les scènes sont longues, le « bla-bla » l’emporte sur l’action, et le film ressemble au final davantage à un pastiche de western, comprenant tous les éléments typiques du genre (pendaison, « danse du pied-tendre », duel…) qu’à un Retour vers le futur. On trouve certes quelques répliques percutantes, chères aux « spaghettis », comme la suivante : « – Ben, souriez, Marshall, après tout c’est la fête – La seule fête où tu me verras sourire, Tannen, c’est celle où tu te balanceras au bout d’une corde. » Mais c’est bien peu, et les quelques clins d’œil n’ont rien de spécialement savoureux : Marty se fait appeler Clint Eastwood, et rejoue assez platement, devant le miroir, la fameuse scène de Taxi Driver (« C’est à moi que tu parles ? »).

Ajoutons à cela une romance pas loin d’être franchement mièvre entre Doc et Clara, la nouvelle institutrice. Ne nous leurrons pas : cette histoire d’amour, par ailleurs profondément ennuyeuse, est surtout là pour meubler le vide causé par l’absence criante de scénario. D’autant que, « Doc » le savant fou laissant place à « Emmett » le gentleman, l’humour et la fougue du bonhomme en prennent un coup considérable. Et ce n’est pas tout : d’autres personnages sont également inintéressants. Seamus, l’ancêtre de Marty (son arrière-arrière-grand-père pour être précis) est sans conteste le McFly le plus fadasse de toute la série. Son absence de personnalité, son accent rural et son unique passion pour les chapeaux le rendent inconsistant au possible. Seul Bufford Tannen, digne aïeul de Biff, parvient (un peu) à sauver le film. Sa lourdeur, sa bêtise et sa muflerie rendent chacune de ses apparitions délectables.

 

   

Un Tannen, tout comme un malheur, n'arrive jamais seul...

Il faut croire que le far-west ne correspond pas à l’esprit de la saga, car les meilleurs passages du film sont au final ceux qui se déroulent dans d’autres époques. Les 20 premières minutes, en 1955, où Doc et Marty préparent le « voyage », frappent ainsi par leur dynamisme, et l’apparition-éclair de Needles, en 1985, en fin de film, amène ENFIN la folie qui faisait la force des précédents épisodes. La morale de l’histoire est quant à elle plutôt ambiguë. Au cours du film, Doc affirme : « J’aimerais n’avoir jamais inventé cette machine infernale, elle n’a su engendrer que malheur et désastre ». Si la DeLorean finit par être détruite, Doc parvient à revenir en 1985 en créant une nouvelle « time machine » à partir d’une locomotive volante (!). « Hey Doc, vous allez où, maintenant ? demande Marty. Vous retournez vers le futur ? – Non, j’y suis déjà allé », répond, énigmatique, Doc. Faut-il en conclure que le savant va repartir dans le passé, et qu’il est ainsi pris par le « démon » du voyage dans le temps ? Ou qu’il se contente simplement de voyager « géographiquement » ?

En conclusion, un épisode décevant, au scénario trop peu fouillé, et auquel on peut reprocher de s’être « enfermé » dans le genre western, sans réellement prendre le risque d’apporter la folie et l’innovation qui constituaient le sel de la saga. Dommage…

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Published by lechoixdenico - dans Films étrangers
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