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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 15:23

   

Les Incorruptibles revisite le combat d’Elliot Ness et de ses hommes contre le maître de Chicago des années 30, Al Capone. Malgré ses nombreux défauts, j’ai une tendresse particulière pour ce film réalisé en 1987 par Brian De Palma. Commençons par les points faibles. Ma principale réserve concerne Elliot Ness. Je ne sais pas comment était le personnage réel, mais celui du film m’a paru beaucoup trop lisse. Son côté bon père de famille qui ne jure que par le respect des lois ainsi que son manque absolu de fantaisie m’ont particulièrement agacé. Et la fadeur de Kevin Costner, l’acteur qui le campe, n’arrange en rien les choses. Un autre bémol repose sur la sous-exploitation des protagonistes. Oscar Wallace, le personnage atypique de la bande – par sa profession de comptable et son physique assez ingrat – n’apporte rien à l’histoire, et c’est à peine mieux pour Stone (Andy Garcia), qui reste la plupart du temps en retrait. D’une façon générale, les personnages ne sont pas assez creusés : le spectateur ne s’y attache pas vraiment et ne sent pas non plus de réelle cohésion entre eux. Le choix de la musique me paraît également contestable : souvent envahissante, elle semble de surcroît parfois inappropriée. Elle apporte même un aspect un peu kitsch au film, tout comme certaines scènes, qui frôlent le risible (je pense notamment à celle où l’on voit nos quatre héros courir côte-à-côte à foulées d’octogénaires : un pas franc et déterminé, en marchant, aurait eu de mon point de vue beaucoup plus d’impact).

Mais le film recèle tout de même, Dieu merci, de gros points forts. Le premier, c’est bel et bien De Niro, remarquable dans son interprétation de l’une des figures les plus emblématiques de l’histoire du gangstérisme. Certes, il surjoue un peu, certes, il en rajoute une couche, mais c’est pour mieux mettre l’accent sur l’aspect à la fois impulsif et cabotin du gangster. Et n’est-ce pas dans l’excès que De Niro est le plus percutant ? L’acteur fait preuve d’une présence remarquable, et la courte durée de ses apparitions rend ces dernières encore plus percutantes (le rasage, le « base-ball »). De Palma a également bien su mettre en évidence que personne ne pouvait rien contre lui, faute de preuve, même si ses activités étaient connues de tous. Sean Connery est, lui, égal à lui-même : toujours juste dans son rôle de vieux sage un peu blasé ; et l’énigmatique Frank Nitti – homme de main de Capone – est quant à lui habilement interprété par Billy Drago. Certains passages sont également fort bien rendus : le « recrutement » de Stone mais aussi la scène se déroulant dans l’appartement de Malone (Connery) et bien entendu celle, fameuse, de la gare. La restitution de l’époque des années 30 est en outre remarquablement réalisée – même si l’on peut regretter que le thème de la Prohibition ne soit pas davantage abordé. Bref, du bon et du moins bon pour un film qui frôle le « culte » autant qu’il frise le kitsch. Un ensemble mitigé et inabouti, donc, qui n’empêche cependant pas Les Incorruptibles de proposer un agréable et captivant moment, et qui n’estompe en rien son charme indéniable.

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Published by lechoixdenico - dans Films étrangers
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